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Prix reconnaissance Gaspésie Gourmande

29 avril 2026



Prix reconnaissance Gaspésie Gourmande

Le Prix reconnaissance Gaspésie Gourmande récompense une personne ayant fait preuve de leadership et d’initiative, et souligne ses efforts, son dynamisme et son exceptionnel engagement envers le secteur bioalimentaire. Le ou la lauréat·e est une source d’inspiration pour ses pairs, voire un modèle. Cette distinction vise à reconnaître son chemin parcouru, sa carrière, sa détermination et son implication à toujours positionner le secteur bioalimentaire comme important pour l’économie de la Gaspésie.

Cette année, Nicole Lapointe reçoit cette distinction. Première femme ayant occupé le poste de présidence de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Gaspésie-Les Îles (GÎM), cette personne d’exception a défendu les intérêts des producteur·rices avec vigueur et passion, en plus d’avoir positionné l’importance de l’agriculture pour la région.
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Quand on s’entretient avec Nicole Lapointe sur ses années professionnelles, ce qu’on perçoit par-dessus tout, c’est son affection pour les personnes qu’elle a côtoyées au fil des ans, tant ses collègues que les producteur·rices agricoles dont elle a défendu les droits pendant de nombreuses années.

Nicole Lapointe a commencé son implication agricole au sein de la Société d’agriculture de New Richmond. Elle a ensuite été administratrice, puis vice-présidente et finalement présidente du syndicat de base de son secteur. Elle a aussi occupé différentes fonctions au sein du conseil d’administration de la Fédération régionale de l’UPA GÎM, dont elle a été élue présidente en 1996. Cette même année, elle a obtenu une reconnaissance de la Fédération des agricultrices du Québec, soit celle de l’Agricultrice entrepreneure de l’année.

Avant d’occuper ces différentes fonctions, mentionnons qu’elle a participé à la création du Bon Goût frais de la Gaspésie, d’abord rattaché à l’UPA et devenu un OBNL, qui a ensuite changé de nom pour devenir Gaspésie Gourmande. Elle a aussi été de celles et ceux qui ont mis en place la Table de concertation agroalimentaire de la Gaspésie. Elle en a d’ailleurs été présidente pendant plus de 10 ans (rappelons que la Table et Gaspésie Gourmande ont uni leurs destinées en se fusionnant en 2016). Élue au conseil d’administration et au conseil exécutif de la Conférence régionale des élues (CRÉ), elle a été secrétaire-trésorière, jusqu’à son abolition en 2015. Nicole Lapointe s’est toujours engagée dans son milieu et a siégé à bien d’autres conseils d’administration et comités exécutifs, dont la Coopérative agricole de la Baie-des-Chaleurs, le Conseil régional de l’environnement de la Gaspésie, le Conseil régional des partenaires du marché du travail, le Comité consultatif des femmes et la Fondation communautaire GÎM, pour n’en nommer que quelques-uns… Elle a assurément su faire sa place comme femme dans un milieu qui n’en connaissait pas beaucoup.

En accédant à la présidence de l’UPA (1996-2009), elle voulait absolument pousser la région. « Je me suis toujours dit : la Gaspésie, c’est la plus belle région du Québec, pourquoi les producteurs ne pourraient-ils pas gagner leur vie de l’agriculture, pas juste survivre? » C’est avec cette idée en tête qu’elle a fait connaître le secteur agroalimentaire gaspésien et qu’elle a convaincu les décideurs que la production régionale avait sa place sur les marchés d’ici et d’ailleurs et qu’elle était de qualité; et c’est ce qui la rend fière lorsqu’elle repense à ses réalisations en tant que présidente de l’UPA.

Elle n’a jamais hésité à monter au front ni n’a ménagé ses mots pour défendre les droits des producteur·rices, sans compter les heures de travail, de réunion et de route, pour les différents dossiers dont elle s’est occupée. Un important mandat à l’avoir mobilisée a été celui des mégaporcheries qui voulaient venir s’établir en Gaspésie. « Je voulais que mes petits producteurs (j’ai bien dit “mes” petits producteurs, précise-t-elle, les yeux pétillants) grossissent, mais à la mesure de leurs capacités. Pas leur imposer de compétition déloyale… Avoir une mégaporcherie en région, c’est beaucoup trop de pollution! Gérer le fumier, les odeurs... Il aurait fallu se battre pour avoir un abattoir, qui relève du fédéral et qui exige plusieurs millions. Je ne suis pas contre les porcheries en général, je suis pour les porcheries, mais à petite échelle, pour notre région. »

Comme on le voit, le principal mandat que s’était donné Nicole Lapointe était de faire reconnaître le secteur de l’agriculture gaspésienne, et ce, tout en représentant la réalité locale différente de celle des grands centres. Elle soutient aujourd’hui encore qu’« il faut en parler, il faut défendre son point! » et il faut témoigner de « ce que ça rapporte en région pour en faire comprendre l’importance ».

Tout en assumant ces responsabilités, Nicole Lapointe était entrepreneure et propriétaire avec son mari, Michel Dubé, de la Conserverie de la Baie, qui existe toujours et qui utilise encore ses recettes. On se demande où trouvait l’énergie de faire tout cela celle qui pouvait parfois aller à Longueuil jusqu’à une fois par mois et ensuite aller directement à Gaspé pour les réunions, puis revenir et travailler à la Conserverie…

« Une vie de travail, mais une belle vie! » nous dit-elle en nous parlant de toutes ces années, le regard vif.

Nicole Lapointe s’est démarquée par sa volonté et sa capacité à défendre bec et ongles les dossiers dont elle avait la responsabilité, mais elle a surtout fait ses marques en étant la toute première femme à occuper la présidence à la tête de la Fédération régionale de l’UPA GÎM, à une époque où on voyait plutôt des hommes occuper ces fonctions, et surtout dans ce secteur d’activité. À l’époque, certains ont douté de ses capacités, mais elle a su prendre sa place. « J’ai été la première femme en Gaspésie à recevoir une distinction provinciale décernée par la Y des femmes, le prix Femmes de mérite », nous dit-elle, rappelant cette prestigieuse distinction qui l’a honorée en 2004 pour sa contribution exceptionnelle à l’amélioration de la vie des femmes dans sa collectivité. Elle a été, et le demeure, une source d’inspiration ayant ouvert la voie à d’autres femmes qui lui ont succédé.

« Le prix que j’ai eu en 1996, ça a aussi été important pour moi, comme reconnaissance de mon travail au sein de l’UPA, mais le prix que vous me donnez, c’est la cerise sur le sundae! Ça arrive pile à un bon moment dans ma vie. C’est un prix qui me va droit au cœur! »

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Un texte de Virginie Turcotte, rédactrice en chef du Guide-Magazine Gaspésie Gourmande. 



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